Mais qui es-tu Jimmy Durmaz?

Et le collectif est aussi à l'honneur!
Trois Toulousains dans le onze type de L'Equipe
Analyse de la victoire... en chiffres !
Le Derby en stats !

Présentation de la nouvelle recrue violette!

Date de dernière mise à jour le 24/08/2016 à 11h27

Mais qui es-tu Jimmy Durmaz?

Deux semaines après Ola Toivonen, le Toulouse Football Club continue de se mettre à l'heure suédoise. Ce samedi, l'international Jaune et Bleu Jimmy Durmaz s'est engagé pour une durée de trois ans. Pour vous permettre de connaître dans les moindres détails le nouveau numéro 21 violet, tfc.info est allé à la rencontre de spécialistes des championnats suédois et grec, par lesquels le joueur est passé.

On prend les mêmes et on recommence. A l'instar de son nouveau partenaire Ola Toivonen, le début de carrière du joueur se déroule dans son pays natal. Pour nous raconter ses premières saisons - puis l'envol du joueur - nous avons refait appel à Damien, responsable du compte de référence du football suédois Nordisk Suède (@AllsvenskanF) :  

Après Ola Toivonen, un autre Suédois rejoint donc ce club. Jimmy Durmaz est, à l’image de Toivonen, un joueur à caractère offensif, évoluant plutôt sur le côté gauche. C’est un joueur qui sent le football puisqu’il est issu d’une famille de footballeurs : ses grands frères Sharbel Touma et David Durmaz le sont (Sharbel est désormais coach adjoint à Syrianska en Superettan - deuxième division nationale - tandis que David évoluent à Assyriska, Superettan également).

Son petit frère Elias commence sa carrière dans ce sport, du côté de BK Forward, en 3ème division suédoise. D’ailleurs, le BK Forward est un club important pour Jimmy Durmaz puisque c’est là-bas qu’il débute le football en 2001, à l’âge de 12 ans. Pendant 4 ans, il jouera dans les catégories jeunes, jusqu’à mettre un pied en équipe seniors en 2005. Cette équipe va d’ailleurs, lors de cette même année, être promue en Division 1 Norra (D3 Suédoise), ce qui pourra permettre au jeune Durmaz d’évoluer dans une compétition plutôt intéressante pour un jeune de 17 ans.

Il jouera dans ce championnat durant 3 saisons, faisant 35 apparitions pour 4 buts. Il tapera dans l’œil de plusieurs clubs réputés en Suède, dont le grand Malmö. Tout comme Toivonen, Durmaz quittera donc sa ville de naissance, Örebro, pour s’envoler à Malmö, et signer son contrat. Il fera des débuts timides dans ce club, avec seulement 15 matchs (et 2 buts) en deux saisons.

Notons d'ailleurs qu'au cours du match opposant Malmö à Sundsvall - les deux recrues violettes Durmaz et Toivonen avaient trouvé le chemin des filets ! 

Titulaire inconstestable et champion avec Malmö 

Il lancera réellement sa carrière en 2010, où il aura un rôle important sur son côté gauche. En effet, sur le plan individuel, il sera l’auteur de 2 buts et 6 passes décisives en 26 matchs, alors que sur le plan collectif, Malmö sera champion de Suède devant Helsingborg. Après cette saison, il deviendra un élément incontournable de cette formation, et enchaînera des performances de qualité avec 41 matchs pour 10 buts.

De plus, il possède une belle expérience européenne, en ayant participé à 6 matchs de Ligue des Champions, mais également à 6 matchs d’Europa League lors de la saison 2011-2012. Lors de son parcours à Malmö, il découvrira la sélection nationale avec, dans un premier temps, les espoirs en 2009, puis, dans un second temps, l’équipe A, où il est encore régulièrement appelé. Par la suite, à la fin de son contrat, il rejoindra le championnat turque, et le club de Gençlerbirliği S.K.

Après avoir réalisé des débuts plus que prometteurs en Suède, le joueur rejoint un nouveau championnat, et un pays étranger. Jimmy Durmaz prend la direction de la Turquie, pays de naissance de son père. Si ses deux saisons avec l'un des clubs de la capitale (Ankara) ne lui permettent pas de jouer le titre ni de coupes européennes, une place de titulaire lui est acquise. Un statut qu'il respectera avec onze buts en 61 apparitions ! 

Finalement, à l'issue de la saison 2013-2014, le joueur quitte la Turquie et rejoint l'Olympiakos. Une aventure d'un tout autre niveau, couronnée de succès collectifs ! Pour nous en parler, nous sommes allés à la rencontre de Martial Debeaux, journaliste et membre de la redoutable team Footballski

Un véritable bagarreur, apprécié des fans de l'Olympiakos

Avant toute chose, pour présenter l'Olympiakos, je dirais que c'est déjà le club le plus titré du pays : 43 championnats, et 27 coupe, pour donner un peu un ordre d'idée. Difficile de faire mieux. Le plus grand club, c'est difficile à dire. Le Panathinaikos est allé en finale de Ligue des Champions en 1971, et c'est un peu ce type de parcours qui manque à l'Olympiakos , même s'il y a eu de beaux succès ces dernières années (Juve d'Allegri et Atletico de Simeone en 2014-2015 notamment).

J'ajouterais aussi que comme la plupart des clubs grecs, c'est un club omnisports, c'est à dire qu'il y a une section basket (un très bon club d'ailleurs), waterpolo, natation, etc. Le nageur de 10 km qui a eu la médaille d'argent à Rio est membre de l'Olympiakos par exemple. Et les supporters supportent toutes les sections, les ultras (Gate 7 en l'occurence) vont partout. Il est vrai que ces dernières années le championnat se résumait à un duel Olympiakos - "Pana", surtout quand Cissé était là et que le Pana était en mesure de disputer le titre et de le remporter. Ça reste LE derby du foot en Grèce (le fameux Derby des éternels ennemis), avec la folie qu'il peut y avoir sur et surtout en dehors du terrain. Sur les 4-5 dernières années, l'écart était trop grand, il n'y avait plus vraiment de concurrence ni de championnat.

L'Olympiakos a fini champion fin février 2016, c'est dire... L'AEK était redescendu en D3, tout comme l'Aris Salonique (deux bons clubs capable de jouer le top 3), mais on a vu que l'AEK est bien revenu dans l'élite, et qu'ils ont gagné la Coupe l'an dernier contre l'Olympiakos (en les battant aussi en championnat), donc l'écart se ressert un peu.

Ce qu'il faut savoir, c'est que Durmaz a dû, comme les autres joueurs, "subir" de nombreux changements de coachs. Il a connu Michel, puis Vitor Pereira, puis Marco Silva, puis Victor Sanchez et enfin Paulo Bento sur la toute fin. C'est énorme pour un mec qui n'est resté que deux saisons au club. Mais la constante dans tout ça fut qu'il a été utilisé comme ailier, souvent dans un 4-2-3-1 très classique, ou en 4-3-3. Il est gaucher, donc il occupait logiquement le couloir gauche pour déborder et centrer. Mais il a aussi évolué à droite, en "fausse patte", pour rentrer dans l'axe et frapper du gauche. (Le joueur est doté d'une bonne frappe).
Sa deuxième saison a été plus aboutie. Il n'a pas été inscrit en Ligue des Champions lors de sa deuxième année (sur choix de l'entraîneur), alors que l'Olympiakos aurait bien eu besoin de lui. Forcément, ça l'a affecté, mais il a su inverser la tendance sur la saison, en multipliant les bonnes performances en championnat, et en trouvant une régularité qu'il n'avait pas forcément la première année. Il n'a brillé que trop épisodiquement lorsqu'il est arrivé, et dans ce club c'est très dur d'enchaîner les matchs, sachant que l'effectif est fourni (surtout à ce poste là) et que les entraîneurs se succèdent très vite.
Il a clairement réussi à briller l'an dernier, notamment sur coup-franc. C'est son point fort, à l'entrée de la surface il fait des ravages avec son pied gauche. C'est une arme redoutable pour une équipe, et ça a sorti l'Olympiakos de quelques situations difficiles. Mais il n'a pas que ça : il est bon techniquement, dribbleur, combatif, et il a un pied droit pas mal du tout pour un gaucher. Je l'ai vu jouer "en vrai" cet été en amical, en Grèce, et il avait claqué, pour l'anecdote, une frappe de 30 mètres du gauche sur la barre. Il est vraiment agréable à voir jouer. Il a 27 ans, donc je pense qu'il peut et doit encore progresser. Il doit quand même, à mon avis, s'étoffer un peu physiquement, parce que la Ligue 1 requiert de faire des efforts un peu plus poussés, il y aura moins de temps morts sur les matchs comme en Grèce, et les défenses seront forcément bien plus regroupées et agressives.
Il est aussi international, dans une sélection plus que correcte (il était à l'Euro, même s'il a peu joué), donc au niveau du volet "expérience européenne", je pense qu'il a tout ce qu'il faut. En plus, en Grèce, il a évolué dans des ambiances très très chaudes, à la limite de la violence physique, donc il ne va pas être écrasé par la pression. En parlant de pression, jouer à l'Olympiakos n'a rien de facile, c'est un club rocambolesque, 35 joueurs arrivent et partent chaque été (prêts, retour de prêts, arrivée de joueurs libres qui ne jouent jamais), avec une pression terrible des supporters même après une défaite sur la saison, donc retrouver du calme, de la stabilité lui fera énormément de bien. Surtout, il va bénéficier d'un coach bien en place, sachant motiver les joueurs. L'Olympiakos est habitué à avoir le ballon, la possession, une certaine supériorité technique, être l'équipe attendue par toutes les autres, donc il va falloir qu'il s'adapte au TFC, à son style, même si je ne suis pas trop inquiet pour lui. 

Enfin terminons par la relation entretenue entre le joueur et les supporters, toujours révélatrice de la personnalité d'un sportif :  

Les supporters garderont une bonne opinion de lui. Il n'a jamais lâché, s'est toujours battu, même quand les coachs ne croyaient pas beaucoup en lui, et qu'il était mis au placard en Ligue des Champions (ce que peu de supporters ont compris, pour être franc). C'est un joueur attachant, qui ne triche pas et qui ne rechigne pas au travail. Je pense qu'il avait aussi un peu hâte de quitter l'Olympiakos pour trouver un projet où on allait vraiment le mettre en confiance et lui montrer qu'on croit en lui et ses capacités.

Ajoutons à cela que Jimmy Durmaz a récemment rencontré un camp de réfugiés syriens en Grèce. La Syrie étant le pays d'origine de sa propre mère.