"La sensation que rien ne
pouvait nous arriver"

Partager l'article
Publié le 25/04/2019 à 17h42
Modifié le 25/04/2019 à 18h46

Après Evan Leduby et Xavier Pentecote, au tour de Walid Cherfa ce jeudi de livrer ses mémoires sur le titre toulousain lors de la Gambardella 2005. Retour avec le Pitchoun sur cette incroyable victoire obtenue sur l'Olympique Lyonnais (6-2). 

 
Walid, la finale 2019 a lieu dans deux jours. En 2005, comment était l'attente à ce même stade de préparation ? 

C'était long, d'autant que lors de notre parcours, il y avait un peu plus de temps entre la demi-finale et la finale je crois (ndlr : un mois exactement en 2005, trois semaines en 2019). Ce qui m'a principalement marqué, c'est l'engouement autour de cette Coupe, de la part de tout le monde, et notamment les médias. Logiquement, la pression commençait à monter, on appréhendait un peu le stade de France. 

 

Du stress progressif donc au fil de la semaine ? 

Oui, évidemment, parce qu'il ne faut pas oublier que nous n'avions, et les joueurs actuels qui disputeront la rencontres n'ont, que 17 ou 18 ans. On se retrouve à représenter le Centre de Formation, le club, à Paris, devant les caméras. Les projecteurs sont sur nous. Il faut savoir vivre avec cette situation. La Gambardella, c'est toujours un événement spécial, c'est sacré ! La preuve, on parle de nous encore aujourd'hui. 

 

La veille du match, vous visitez le Stade de France. Une première pour toi ? 

Oui, pour moi comme pour la plupart des joueurs qui constituaient l'effectif. Mis à part deux ou trois Parisiens, les autres venaient de Toulouse ou du Sud. Donc c'était incroyable, la pelouse, les vestiaires des champions du Monde 1998. On a beaucoup pris de photos, on a profité. On avait les étoiles dans les yeux. Chaque joueur voulait savoir où s'asseyait son idole, son joueur fétiche. Se dire que le lendemain, ce serait notre tour, c'était quelque chose de vraiment exceptionnel.  

 

En face, c'est Lyon. Il y avait de la crainte ? 

Je pense que la présence de toutes les pépites lyonnaises nous a rendu service. Logiquement, chaque équipe voudrait que son adversaire ne soit pas au complet ou amputé d'un élément fort. Nous, au contraire, voir l'équipe adverse au complet, ça nous a forcé à rester vigilant, à mettre une exigence de folie. On connaissait la qualité donc on savait qu'on se devait d'être à 100%. On était une vraie équipe, une vraie bande de potes. Aujourd'hui, on est tous encore plus ou moins en contact. Cela prouve l'état d'esprit de ce groupe. 

 

Finalement, dès le début de rencontre, vous les mangez. 

Clairement, on marque le premier, le deuxième, et puis tu sens un truc. Tous les footballeurs l'ont senti au moins une fois dans leur carrière. C'est une impression que rien ne peut t'arriver ce jour-là. Tout fonctionne. Il ne peut strictement rien se passer contre toi. Chaque occasion se transforme en but. On les mange psychologiquement, physiquement. Il n'y a presque plus de match.

On ne fait que marquer. 4-0 à la mi-temps. Même après le discours du Coach à la mi-temps, on s'est regardé entre nous, on a rigolé, en se disant qu'on allait "les exploser". Au retour des vestiaires, boum, 47ème, 5-0 (rires). A 6-0, même nous on comprend que l'équipe réalise quelque chose de malade.

 

En face, comment réagissaient justement les deux stars  ? 

C'était difficile pour Benzema et Ben Arfa. Cela se voyait à chaque remise en jeu, donc six fois (sourire), ils essayaient de faire la différence seul, pour pouvoir au moins réduire le score. On sentait beaucoup de frustration de leur côté. Pour eux, la solution ne pouvait être qu'individuelle, il n'y avait aucun collectif. Et donc ça ne passait pas face à notre collectif. 

 

Cette concentration extrême, c'était aussi une consigne du Coach ? 

Oui, et il avait été vraiment bon dans sa causerie. Peu avant notre finale, il y avait eu celle mythique entre Milan et Liverpool en Ligue des Champions. Milan menait 3-0 à la mi-temps, Liverpool revenait et gagnait aux tirs au but. Le parallèle était évident avec notre rencontre. Il nous avait prévenus que n'importe quel coach en face allait faire trembler les murs à 4-0. On voulait donc repartir de plus belle. Le cinquième, il tue un peu la fin du suspense. 

 

Au coup de sifflet final, quelle est l'émotion qui te vient ? 

C'est particulier, parce que tu as l'impression que tout s'effondre autour de toi. Tous les sacrifices que tu as fait pour en arriver là, toutes les années en formation, sont enfin récompensés à ce moment-là. Tu repenses à 1000 trucs en même temps, ta famille, tes amis d'enfance. Tu as envie de célébrer avec les partenaires, et en particulier avec ceux qui te sont proches. Moi, je sais que je tombe dans les bras de Jérémy Joseph. Derrière, la fête à duré dans les vestiaires. C'était vraiment un bon moment. 

 

On termine par la question la plus difficile : ne retenir qu'un seul moment fort de cette finale.

Il y en a eu tellement, c'est compliqué. Je vais dire la veille du match au soir, mais les jeunes ne devraient pas prendre exemple là-dessus (rires). Je me souviens qu'on avait mis énormément de temps à dormir. On avait même préparé nos tee-shirts, en cas de buts, tous ensemble. Un très bon moment !  

 

J-2 avant la finale de Coupe Gambardella de nos U19 au Stade de France face à l'AS Saint-Étienne. Tous les soirs, leurs aînés partagent leur recette sur tfc.info.

Nous utilisons des cookies pour améliorer votre expérience. Vous pouvez modifier les réglages de votre navigateur à tout moment. En savoir plus