Graine de Pitchouns
- Lucas Cazenave

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Publié le 20/02/2019 à 12h00
Modifié le 21/02/2019 à 11h52

Vice-champion de France 2018 avec les U17 d'Anthony Bancarel, Lucas Cazenave est aujourd'hui le capitaine de la catégorie U19. Avant son huitième de finale de Gambardella, présentation d'un Pitchoun impressionnant de maturité du haut de ses dix-huit ans.

Issou Dao nous avait pourtant prévenu quelques mois auparavant, au moment de présenter les U17, en partance pour les demi-finales du championnat : "Lucas, c'est un peu la tête pensante de toute la défense, voire de l'équipe. Il réfléchit, il anticipe avant d'intervenir. Il voit un peu tout avant tout le monde. Pour son âge, c'est une qualité énorme". Encore une fois, l'adjoint d'Alain Casanova avait raison, tant Lucas Cazenave impressionne par sa science du jeu, du haut de ses dix-huit printemps, fêtés au mois de janvier. Mais le défenseur central des U19 de Jean-Christophe Debu conserve les mêmes atouts hors des terrains, capable de passer une bonne dizaine de minutes à expliquer la différence de philosophie entre ses précédents et actuels coachs violets. 

 

L'attente puis l'explosion

Il faut dire que le natif de la Ville rose connaît l'île du Ramier comme sa poche, arrivé en U12 en provenance de l'US Colomiers. Un attachement au TFC récompensé par une victoire en finale de la Coupe du Midi 2016, en compagnie de nombreux camarades actuels : Bafodé Diakité, Gaël Ramade, Dylan Kinima, Thomas Himeur pour ne citer qu'eux. Une fin de préformation réussie en tout point, avant un exercice suivant plus compliqué, pour ses débuts dans les championnats nationaux, en U16 : "Je crois qu'en réalité, je n'étais peut-être pas prêt pour évoluer à ce niveau encore. Mentalement, je n'avais sans doute pas assez d'envie. Je ne parvenais pas à me mettre dans l'état d'esprit d'un joueur prêt à tout pour enchaîner les matchs. Le coach m'a aligné à plusieurs postes, car j'ai cette capacité à être polyvalent. J'ai d'ailleurs commencé 10 à Colomiers dans mes plus jeunes années, avant de redescendre en 6 à mon arrivée au club, puis 5 désormais. Mais cette capacité a aussi pu me jouer des tours. Au final, j'ai énormément progressé dans la tête lors de cette première saison nationale, qui reste bénéfique, grâce au coach Bancarel et à Fabrice Garrigues, très importants dans ma progression. À partir de la saison suivante, tout est allé beaucoup mieux".

Bénéfique, le mot est faible, car Lucas réalisera avec son équipe une saison 2017-2018 remarquable. Leader incontesté et incontestable, le début de championnat du TFC s'avère exceptionnel avec seulement deux buts encaissés en neuf rencontres disputées. Le défenseur central sera à chaque fois titulaire, et capitaine ! "C'est clair que cette saison fut incroyable. Il y a quelques jours, on s'est "amusé" à revoir la rencontre à Lyon (quart de finale des play-offs : 0-5). Qu'est ce qu'on était fort (rires). On était solide partout et devant, on pouvait marquer à n'importe quel instant."

 

Ô capitaine, mon capitaine

Habitué au brassard depuis ses plus jeunes années au TFC, Lucas le retrouve pour le premier match de championnat la saison passée (TFC 1-0 Montpellier), pour ne plus jamais le quitter. Depuis le mois d'août 2018, pour sa première saison U19, ce fils d'un gardien également passé par les équipes jeunes du Tef' a gardé ce même statut : "Je me souviens que la saison passée, j'ai appris tardivement que j'allais devenir capitaine, à ma plus grande surprise. Le coach Bancarel m'avait fait confiance et n'est plus jamais revenu sur sa décision. Avant ce début de saison, le coach Debu a échangé avec moi et souhaité que je poursuive ce rôle, avec encore davantage de prises de parole. C'est une très belle marque de confiance. Maintenant, je ne formalise pas avec ce rôle. Lorsqu'il faut parler, j'ai toujours eu l'habitude de le faire. Je suis toujours dans la bonne parole, pas dans le reproche. C'est important. Je dois apporter de la confiance à mes coéquipiers." Seule exception à la règle, les rencontres de Coupe Gambardella, où Moussa Diarra signe les feuilles de match. Une situation loin de lui déplaire : "Moi je suis le capitaine des U19, mais le vrai patron, attention, c'est Moussa (rires)."

Pour sa première année en U19 donc, Lucas se retrouve avec le statut de leader, au sein d'une catégorie en perpétuelle évolution. Sans surprise, le Columérin avait anticipé la situation : "La catégorie U19 est spéciale à plus d'un titre, mais avant tout pour les joueurs alignables. En fonction des week-ends, on peut avoir des montées de U17 et des descentes de joueurs habitués au National 3. Moi, cette saison, je savais que je n'allais pas jouer plus haut, donc je suis stable et peut aider les plus jeunes que moi." Des onze différents qui peuvent aussi expliquer certaines déceptions des dernières semaines, à l'image de deux défaites frustrantes à l'extérieur, à Saint-Etienne (4-1) et Marseille (3-2), loin d'inquiéter le défenseur : "Cette saison est un peu plus difficile sur le plan comptable, mais n'oublions pas que nous avons souvent un an de moins que nos adversaires. Personnellement, depuis le début de saison, avec le coach Debu, j'ai l'impression de vraiment progresser techniquement. Le fait d'enchaîner les phases de possession, d'être maîtres du ballon y joue beaucoup. J'apprends aussi le poste de latéral, et le coach étant lui aussi un latéral, son aide est d'autant plus précieuse."

 

Une longue semaine de préparation

Dimanche, Lucas disputera certainement un des matchs les plus symboliques de sa très jeune carrière. Un huitième de Coupe Gambardella, au Stadium, enfin, après trois rencontres à l'extérieur. Devant ses parents, sa famille et ses amis. Un univers forcément particulier, bien différent des play-offs U17 : "La comparaison est difficile à tenir avec notre parcours de la saison passée. Pour les play-offs, nous avons eu une saison entière pour nous préparer, avec un onze similaire - ou presque - aligné chaque week-end. Le noyau était exceptionnel. La Gambardella, c'est une formation qui ne se connaît pas encore parfaitement. Par exemple, au premier tour à Fontenay (1-3), il n'y a pas eu de descente. Maintenant, c'est le cas, mais les automatismes doivent encore être faits."

Une longue semaine de préparation attend donc les Pitchouns, avant d'affronter une formation du Havre (ndlr : rencontre programmée dimanche à 11h30 sur le terrain annexe 1 du Stadium), d'un tout autre calibre en comparaison des trois premières marches jusqu'à présent franchies sans encombre. L'envie est là, avec dans un coin de la tête le souvenir de la qualification obtenue par la génération précédente au mois de janvier 2018 : "Comme repère d'un match du Centre important, je pense à la rencontre contre Montpellier l'hiver dernier. Il y avait tout, du monde, de l'ambiance avec l'école du foot. Nous aussi on espère du monde, des émotions, et une qualification pour continuer l'aventure. D'autant que ce sera notre unique occasion de disputer cette Coupe. À nous de ne pas la laisser passer !"

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