Graine de Pitchouns
- Terai Bremond

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Publié le 04/10/2018 à 11h01
Modifié le 04/10/2018 à 11h01

Arrivé en 2016 sur l'île du Ramier, le jeune Terai Bremond est depuis devenu un des milieux de terrain en vue du Centre de Formation toulousain. Finaliste du championnat U17 la saison passée, le voici désormais membre du groupe U19 de Jean-Christophe Debu. Pour la reprise des portraits Graine de Pitchouns, rencontre avec le jeune tahitien, homme fort de sa sélection, qualifiée pour le prochain Mondial U20 2019.

Des tribunes du Stadium Annexe, son allure de colosse ne passe jamais inaperçue. Terai Bremond est pourtant bien plus qu'un footballeur athlétique et redoutablement doué balle au pied. Preuve en est, s'il est parvenu à intégrer le Centre de Formation toulousain, ce jeune homme de 17 ans le doit avant tout à une force de caractère à toute épreuve. La première n'est autre qu'un voyage de plus de 15 000 kilomètres pour tenter de faire ses preuves sur les pelouses hexagonales. Symbolique. 

"Le football a toujours été pour moi une passion, un sport auquel je jouais pour prendre du plaisir. Les choses sérieuses sont arrivées avec les premiers titres sous les couleurs de l'AS Vénus, puis lorsque le Toulouse FC s'est intéressé à mon profil. A partir du moment où tu vois une oppotunité de faire du football ton métier, tu ne peux pas, et ne dois pas hésiter.

Les sacrifices sont énormes, oui, mais même si je n'ai encore rien fait, j'ai une chance qui n'est pas donnée à tout le monde. Aujourd'hui, avec ces derniers mois enrichissants, et notamment ces deux finales, je me dis que mes sacrifices n'ont pas été vains." 

Après le voyage, l'attente. Car avant de pouvoir espérer faire ses preuves sur le rectangle vert, Terai a dû patienter une saison entière. Tout au long de sa première année sous l'île du Ramier (2016-2017), disputer des rencontres officielles sous les couleurs violettes lui était impossible. Ses premiers mois furent alors ceux de l'acclimatation, de la découverte de la vie en groupe. Réduit aux entraînements et rencontres amicales, le garçon passait ses premiers mois à développer sa technique et ses connaissances tactiques, indispensables dans un Centre de Formation de haut niveau. Le jeune homme perfectionnait également son poste, celui de milieu de terrain. 

"Je n'ai pas pu jouer la première saison, du fait de la réglementation FIFA. Ce ne sont pas des choses simples à vivre, mais elles m'ont permis de découvrir un autre football, plus complet. Le niveau n'a rien à voir avec celui de Tahiti. La qualité des joueurs, individuellement, est nettement supérieure. J'ai pris cette première année pour de l'apprentissage. Techniquement, si je me dois encore de progresser, je sens que mon niveau s'améliore de semaine en semaine". 

Une année 2018 déjà inoubliable 

Finalement, au fil des semaines, le garçon s’émancipe, sur comme en dehors du terrain. Les efforts finissent par payer avec des premières apparitions sous le maillot U17. Convaincant, Terai gagne des minutes, puis des titularisations, au point de rapidement former une paire redoutable au coeur du jeu avec son compère Gaël Ramade. Un duo à la base de la saison remarquable des Pitchouns, parvenus jusqu’en finale du championnat national. Seule déception, face à Rennes, Jonah Lomu (surnom donné par Issou Dao) et les siens doivent se contenter de la place de finaliste. 

"Le parcours avec les U17 a été énorme, et j'ai vraiment pris énormément de plaisir dans cette aventure. C'est évident que la paire que nous formions avec Gaël nous permettait d'enchaîner les résultats. C'était mon acolyte, et le vrai chef du milieu. Gaël est un joueur très intelligent, presqu'à l'ancienne déjà.

Evidemment, nous aurions aimé l'emporter, mais nous avons tellement déjà appris avec cette finale... Cette saison, avec les U19, mon poste est assez différent. Nous étions deux au milieu, alors qu'aujourd'hui, le Coach préfère un triangle au sein duquel je peux occuper la pointe basse. Moi, je veux aider, à n'importe quel poste que ce soit."

Les finalistes du championnat national U17 saison 2017/18, vice-champions de France, avec Teraï au deuxième rang, entouré de Janis Antiste et Bafodé Diakité.

Joue-la comme Marama

Alors que ses partenaires violets, finalistes comme lui, ont pu profiter de vacances bien méritées sitôt la saison terminée, Terai enchaînait et prenait la direction de Tahiti pour disputer le tournoi qualificatif au prochain Mondial U20. Sans surprise, notre joueur performait, inscrivant au passage un des buts du tournoi*. Le parcours s'avérait brillant, et menait son équipe jusqu'en finale, devant son public.

Un nouveau revers en finale, face à la Nouvelle-Zélande (0-1), privait malheureusement la sélection de titre. Mais l'essentiel était là : Tahiti disputera le rendez-vous mondial, en Pologne, dès 2019. Une qualification historique, synonyme de fierté immense pour le garçon. 

« Disputer une Coupe du Monde, c'est un rêve pour chaque joueur, et nous aurons la chance de le faire avec Tahiti. A la Coupe du Monde, nous irons pour apprendre. Il faut être conscient que les trois quarts des joueurs que nous affronterons seront pros dans leur club. Nous avons envie de nous confronter aux meilleurs, nous avons faim d'apprendre !

Je sais que là-bas j'ai un petit statut, du fait que je sois dans un Centre de Formation professionnel. Je ne me mets pas la pression pour autant. Même si on m'appelle souvent comme cela là-bas, je suis tout sauf le nouveau Marama Vahirua (rires)»

Ce week-end face à l'Olympique de Marseille, Terai était de nouveau titulaire. Si tout ne s'est pas passé comme prévu pour le jeune homme, exclu en toute fin de rencontre, nul doute qu'il reviendra encore plus fort très prochainement ! 

*But inscrit lors du succès obtenu face à La Papouasie-Nouvelle-Guinée.

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