"Je ne perdrai jamais
ma confiance"

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Publié le 18/11/2017 à 22h35
Modifié le 18/11/2017 à 22h35

Titulaire lors des huit dernières sorties toulousaines en Ligue 1 Conforama, Giannelli Imbula monte progressivement en gamme, et devient au fil des journées le dépositaire du jeu toulousain. A la veille de la réception de Metz au Stadium, entretien avec le milieu, sûr de ses forces.

Giannelli, première question, comment vas-tu ? 

Bien. Je me sens vraiment bien aujourd'hui, beaucoup mieux que lorsque je suis arrivé, c'est évident, et logique. Mais plus les semaines passent, plus je sens que je progresse et retrouve mon rythme, c'est intéressant. 

Souvent, pour parler de ton cas personnel, et de ton niveau de forme, le coach parle en pourcentages. On peut désormais dire que tu es à 100 % ? 

Non, pas encore, tout ne peut pas revenir en l'espace de trois mois. Il faut encore que j'enchaîne les rencontres, les performances. Cela faisait plus d'un an que je ne disputais pas un match par semaine. Tu t'imagines bien que ton corps doit retrouver cette habitude de travail lui aussi. Aujourd'hui, je retrouve mes sensations, sur le terrain, aux entraînements. Il faut aussi se montrer patient dans ces moments-là. Je ne me fais pas de souci. Le temps, il faut le prendre, et ne pas aller trop vite. 

"Lorsque tu entends qu'il y a une énorme différence entre la France et l'Angleterre. Franchement, ce n'est pas forcément évident tous les week-ends."

Pour revenir en forme, qu'est-ce qu'il te manquait. Uniquement du foncier, ou un peu plus ? 

A mon arrivée, mon principal manque, c'était le foncier. Mais je voulais aussi retrouver tout cet environemment particulier : les sensations sur le terrain, jouer, courir avec intensité, tacler, faire des passes appuyées. C'était un tout pour moi. Il fallait que je retrouve ce niveau d'engagement au quotidien. 

Tu as choisi après tes dix-huit mois à Stoke de revenir en Ligue 1, dans un championnat que tu connais particulièrement bien. 

C'est un championnat dans lequel j'ai réussi auparavant. Je ne sais pas si c'est celui qui me convient le mieux, mais c'est celui idéal pour que je puisse retrouver mes sensations et le haut-niveau. 

J'ai lu que tu aimais dribbler, faire des différences techniquement. Est-ce plus facile en Ligue 1 qu'en Angleterre ? 

Chaque championnat a sa spécificité. La Premier League est très ouverte, les tactiques ne sont pas les mêmes, il faut aussi l'avouer. La rigueur en France, tu ne la retrouves pas souvent outre-Manche. Lorsque tu entends qu'il y a une énorme différence entre les deux championants, franchement, ce n'est pas forcément évident tous les week-ends. Quand je te dis ça, je mets évidemment les équipes de Top 5 anglais à part. 

 "Je peux accepter d'être sur le banc lorsque je suis moins performant, ce n'est pas un problème pour moi. Je connais le football. Cela implique le fait que j'ai eu la chance de montrer mes qualités.."

Dans ton choix de revenir en Ligue 1, et notamment ici au TFC, le discours de Pascal Dupraz a dû compter. Dans de nombreux entretiens, tu parlais de l'importance d'avoir la confiance du coach. 

La confiance est importante évidemment, mais il faut surtout un coach qui me fasse jouer assez régulièrement. Il arrive que des coachs te répètent qu'ils te font confiance, mais choisissent de te faire patienter avant de t'aligner. J'ai du mal avec cela. Je peux accepter d'être sur le banc lorsque je suis moins performant, ce n'est pas un problème pour moi. Je connais le football. Par contre, cela implique le fait que j'ai eu la chance de montrer mes qualités. A Stoke, je ne pense pas avoir eu la même chance que certains de mes coéquipiers. 

Sur le terrain comme en dehors, tu sembles avoir une énorme confiance en toi. C'est un état d'esprit nécessaire pour réussir ? 

Je ne perdrai jamais ma confiance, parce que c'est elle qui fait aujourd'hui que je suis un joueur de football professionnel. Pour réussir, il faut croire en tes chances et tout donner. Dans les moments difficiles, si tu n'es pas sûr de tes forces, se relever peut-être très compliqué. Attention, souvent, on a tendance à confondre confiance et arrogance. Moi, je suis juste conscient de mes qualités, ça s'arrête là. 

Quelles sont tes impressions sur le groupe toulousain ? 

Dans tous les groupes tu as des motifs de satisfaction et des raisons de te sentir bien. Ici, l'ambiance est familiale, on a presque tous le même âge, on appartient à la même génération. Et je vais même te dire que les plus vieux sont jeunes dans leur tête. On arrive à avoir une belle osmose collective, il faut que cela se traduise dans nos résultats. 

"Il nous manque de l'efficacité et un peu de confiance offensive pour nous montrer plus tranchants. Le coach a de nombreux choix devant, et a aussi dû composer avec des blessés. Ce n'est pas l'idéal pour créer des automatismes"

Tu es dans un club où il n'y a pas énormément de pression. L'environnement est différent de celui de Marseille par exemple. 

Oui, mais à Stoke, il n'y a vraiment aucune pression non plus. Après, la pression, ce n'est pas une donnée qui m'atteint particulièrement. 

Comment tu analyses la dynamique de l'équipe ? 

On a eu une bonne période durant laquelle nous arrivions à enchaîner les rencontres sans perdre. Cela été dû au retour d'une bonne assise défensive. Contre Nantes, nous aurions pu faire mieux, mais c'est du passé. Je pense que nous avons la qualité nécessaire pour remporter de nombreux matchs et remonter au classement. Il nous manque de l'efficacité et un peu de confiance offensive pour nous montrer plus tranchants. Le coach a de nombreux choix devant, et a aussi dû composer avec des blessés. Ce n'est pas l'idéal pour créer des automatismes. Ce qu'il nous manque aujourd'hui, ce sont des buts. 

"Lors des premières rencontres, c'est simple, je n'avais pas le souffle pour récupérer, donner et encore après monter. Je n'en étais pas à ma plénitude physique."

Ton rôle aujourd'hui semble être plus complet que celui lors de ton arrivée. De relayeur, on  te voit désormais te projeter, tenter ta chance... 

Lors des premières rencontres, c'est simple, je n'avais pas le souffle pour récupérer, donner et encore après monter. Je n'en étais pas à ma plénitude physique. Ce n'était pas de la gestion, mais plus du pragmatisme. Me cramer dès la première demi-heure de jeu, je ne voyais pas l'intérêt pour le groupe. Maintenant, ça va mieux. C'est aussi mon style de jeu, j'aime participer aux actions offensives, créer le surnombre. 

C'est aussi tenter des frappes lointaines. 

C'est surtout les cadrer (sourire). En ce moment, je ne suis pas en réussite dans ce domaine, mais cela va venir. J'ai le mérite de tenter, il ne faut pas que je m'arrête sous prétexte qu'en ce moment ça ne marche pas. Au contraire, c'est dans ces moments-là qu'il faut forcer le destin. 

Comment tu présenterais la réception de Metz ?

Ce n'est pas un match piège, mais une rencontre que nous devons gagner - sans nous mettre la pression inutilement. Aujourd'hui Metz est dernier donc on est favori, mais une saison est si longue. Si on commence à réfléchir au classement à la treizième journée, tu adoptes le mauvais comportement. On se doit de jouer toutes les rencontres pour les gagner, à domicile comme à l'extérieur.

L'équipe en face sera plus motivée que jamais, avec un nouvel entraîneur, une nouvelle dynamique. Ils ont aussi des joueurs intéressants. Quoiqu'on en dise, Rivière, Dossevi, Roux, ce ne sont pas des inconnus. Metz aura à coeur de prouver que son effectif n'est pas celui du dernier de Ligue 1. Nous aussi nous avons notre championnat à faire, il faudra donc mettre tous les ingrédients pour ne pas les laisser se relancer demain. 

C'est aussi le début d'une période où les rencontres vont se multiplier, et où la notion de groupe sera importante. Tu te sens déjà pouvoir évoluer tous les trois jours ? 

Aujourd'hui, sur le principe et avec mon esprit de compétiteur, je te dis oui. Maintenant, lorsque j'aurai disputé deux rencontres en trois jours, mon corps me demandera peut-être de stopper. Mais très sincèrement, je préfère être cramé en jouant trois matchs plutôt que de me sentir bien en n'en disputant qu'un seul. Je déteste être frustré et me sentir inutile pour l'équipe.  

Venez samedi soir au Stadium soutenir Giannelli et ses coéquipiers, billets pour TFC/Metz à partir de 11€ !

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