Le soir où le TFC
mangea le PSG

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Publié le 22/03/2019 à 12h00
Modifié le 23/03/2019 à 09h03

Le dimanche 22 mars 2009, au Stadium, le TFC recevait le PSG en clôture de la 29ème journée de championnat. Dix ans après, retour sur cette mythique soirée sur l'île du Ramier, racontée pour l'occasion par les joueurs. 

"Bien sûr que je m'en souviens. J'étais pas vieux pourtant, mais la toupie de Daniel Braaten, c'est resté gravée en moi." Issa Diop avait douze ans, (deux mois, et treize jours, très exactement). Ce dimanche 22 mars 2009, le Pitchoun était, comme souvent, assis dans les gradins, à quelques mètres seulement de ses terrains d'entraînement. Les fesses vissées sur les gradins... au début. Du moins, jusqu'à la sixième minute de jeu. Car ensuite, Issa, sa famille et ses copains ont passé l'une des plus belles soirées au Stadium de mémoires de supporters toulousains, à l'image des 31 327 autres fans des Violets présents sur l'île du Ramier. 

Il était 21h06 quand Bryan Bergougnoux, servi par un Etienne Didot (déjà) inspiré, trompait une première fois Mickaël Landreau d'un enroulé merveilleux. Le début du festival. Le choc du haut de tableau, attendu par tous, n'aura en réalité pas lieu. Les joueurs d'Alain Casanova étaient ce soir-là trop forts. Trop costauds, trop rapides, trop inspirés. "C'est bien simple, c'était la soirée parfaite. Tout ce qu'on pouvait faire était bon. Tout le monde a été à un moment décisif" se souvient Etienne Capoue.

Vexés d'avoir mis un terme à leur série d'invincibilité en championnat le week-end précédent à Monaco (3-2, après 12 matchs sans défaite), les Violets s'étaient remis la tête à l'endroit en semaine, s'offrant un ticket pour les demi-finales de la Coupe de France, à l'issue d'une séance XXL de tirs au but face à Lille (1-1 ; 7-6). La recette pour faire tomber les gros à domicile, Mauro Cetto et les siens la connaissaient sur le bout des doigts. Quinze jours plus tôt, le rival bordelais était déjà venu s'échouer sur les bords de la Garonne (3-0). Côté parisien, le doute planait, et le succès en semaine à Braga (0-1), bien que synonyme de quart de finale en Europa League, n'effaçait en rien l'humiliation subie trois jours plus tôt au Parc face à l'OM (1-3). 

 

"C'est pas football, ça, Jean-Phi ?"

Les hommes de Paul Le Guen avait beau lutter tout au long de la première heure demi-heure, les Violets ne laissaient rien passer. Mieux, ils attendaient leur heure. Puis, en l'espace de cinq minutes, l'affaire était pliée. "Difficile de parler de cette première mi-temps, parce qu'on ne peut être qu'élogieux envers les garçons. Ils ont tout donné, tout bien fait, notamment à la récupération. Et puis, ce deuxième but, c'est certainement le plus beau inscrit depuis un long moment ici" commentait le soir même le Coach Casanova. Cette fameuse réalisation, tout droit venue des plus belles écoles de football : une merveille de jeu combiné, au cours duquel le une-deux M'Bengue - Bergougnoux effaçait le flanc droit, avant que Dédé Gignac ne s'offre son dix-huitième but de la saison. "C'est football ça", s'exclamait Anthony Bancarel. Et ce n'était que le début. 

L'avant-centre célébrait de la plus belle des manières, avec Bryan Bergougnoux, son appel en Bleu, pour une double confrontation face à la Lituanie. Dédé faisait également coup-double, profitant de cet intérieur de pied pour compter une unité supplémentaire d'avance (3) sur Guillaume Hoarau au classement des buteurs. "Ce but, c'est typiquement celui d'une équipe. Tout le monde touche le ballon, les enchaînements sont bons. Quand ça rentre à la fin, le plaisir est partagé, et encore plus intense" rappelait Bryan Bergougnoux, à l'origine du décalage vainqueur. 

Le break fait, la bande à Alain Casanova ne se relâchait pourtant pas. "Il nous avait bien mis en garde sur leur potentiel offensif. On parlait du Paris Saint-Germain, donc d'une des meilleures équipes du championnat. Mais le Coach avait aussi insisté sur quelques lacunes sur les côtés en défense. Les deux premiers buts, il n'y a pas de secret, viennent de différences le long de la ligne" confie Etienne.

Quelques secondes restent encore à être disputées dans ce premier acte déjà accompli. Assez pour qu'Etienne Didot ne trouve Moussa Sissoko libre de tout marquage à l'entrée de la surface. Le reste est encore gravé dans la mémoire du Parisien de naissance : "C'est un de mes plus beaux buts, évidemment. Les placements sont travaillés, je suis au bon endroit, en retrait en cas de contre parisien. Finalement, arrive le ballon, et boom, golazo (rires)." Deuxième passe décisive à cet instant du match pour le milieu Etienne Didot, que le quotidien L'Equipe n'oubliera pas de mentionner le lendemain, avec la note de 8/10. 

 

Des Parisiens vexés 

C'est la pause, et le TFC compte déjà trois buts d'avance sur un Paris Saint-Germain pourtant candidat affirmé au titre. Trois buts, c'est sur cette même avance que les Violets l'avaient emporté sur Bordeaux quinze jours auparavant. Seulement, avec quarante-cinq minutes de jeu encore à disputer, aucun relâchement ne saurait être pardonné. "A 3-0, c'est un autre match qui commence au retour des vestiaires. L'équipe a été un peu plus en difficulté, bougée par le PSG. Nos adversaires avaient un tout autre comportement après la pause" analysait Alain Casanova en conférence de presse d'après-match.

Daniel Congré et les siens passèrent alors en mode commando, à l'affût sur chaque ballon, en avance sur chaque duel. La barre, tout de même, sauvera Cedric Carasso sur une tête de Traoré, peu avant l'heure de jeu. Paris pleurait son premier acte manqué, avant de brusquement se mettre à espérer sur la réduction du score de Mabiala, à la réception d'une remise de Traoré. Pentecôte et Paulo Cesar entraient, les deux premiers buteurs Bergougnoux et Gignac profitant des acclamations du Stadium. Le festival, lui, reprenait de plus belle. Didot manquait le but de l'année, d'une reprise trop croisée sur une offrande de Braaten, de plus en plus insistant sur son côté. 

 

Braaten, première et toupie 

Comme à son habitude, le Norvégien montait en gamme au fur et à mesure de la rencontre. Certains allant même jusqu'à dire que le Koala choisissait son heure pour descendre de l'arbre. Daniel avait donc décidé, à la 81ème minute, de faire coup-double : tuer le suspense et rester dans les mémoires. Sur une remontée de balle signée Etienne Capoue, digne des plus grands, "Braatou" (pour les supporters) partait dans la profondeur, dans le dos de la défense, et esquivait la sortie d'un Landreau depuis longtemps battu, avant de pousser le cuir au fond des cages vides. Sa première réalisation violette. Pour l'histoire.

Derrière, pour l'éternité, l'ancien joueur de Bolton enchaînait une toupie devenue depuis ce jour mythique sur les bords de la Garonne. Une joie qui contaminait un Stadium aux anges, et un groupe au septième ciel : "Ce but, c'est une sensation exceptionnelle. Déjà je fais une petite bise à Makelele quand je fais la percée (rires), et après Braaten marque son premier but. On était tous heureux pour lui. Seul bémol, et on le voit sur les vidéos, je me fâche avec Dédé Gignac qui n'arrêtait pas de me tirer les tresses. Il était sorti en plus !" partage Etienne. 

"Après, il faut se rendre compte de l'équipe qu'on avait cette année là. C'était un collectif de folie, des mecs vraiment fiables techniquement, et un groupe qui s'entendait à merveille. Il y avait des jeunes, comme nous avec Etienne, et des anciens, comme Mauro (rires). Le cocktail fonctionnait. La joie, la communion même avec le public, restera toujours comme un grand moment pour moi dans mon passage à Toulouse" nous confie Moussa Sissoko

De nouveau trois buts d'avance pour les locaux. Les dix dernières minutes ne modifiaient en rien le tableau d'affichage. Sur Canal+, en prime-time, le Toulouse Football Club venait de faire tomber, avec la manière, le Paris Saint-Germain. Les Violets retrouvaient alors la quatrième place, forts de 52 unités, à seulement quatre du leader lyonnais. Il restait neuf journées à disputer. "Sensationnels" titrait La Dépêche du Midi, suivi par L'Equipe, y allant de son "Toulouse en appétit". Il faut le dire, ce soir-là, le club de la Ville rose avait bel et bien mangé celui de la Capitale.  

Retrouvez ce soir à 18 heures le résumé vidéo XXL de l'époque sur tfc.info. Pour (re)mettre des images sur ces mots, sur cette belle soirée !

 

 
 
 
 
 
 
 

 

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