Marcel Delsol, ce
centenaire !

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Publié le 05/06/2018 à 10h44
Modifié le 05/06/2018 à 10h44

Président du club violet entre décembre 1985 et mai 1992, Marcel Delsol a offert au TFC quelques unes de ses plus belles heures. Au cours de son septennat, l'homme, proche et adoré des joueurs, a côtoyé de nombreuses légendes, de Beto Marcico à Philippe Bergeroo. Surtout, Marcel Delsol a su, tout au long de son passage, assurer la pérennité du club. Alors qu'il fête aujourd'hui son centième anniversaire, retour sur l'ère Delsol, une des plus fastes du club de la Ville rose. (Crédits photos : archives Didier Pitorre)

Souvent, les plus belles histoires sont celles que l’on n'attend pas. Ce lundi 4 juin 2018, Marcel Delsol fête ses cent ans, et le Toulouse Football Club tenait à célébrer son emblématique président comme il se devait. Pourtant, «Papy Delsol», comme aimaient si bien à le surnommer ses ouailles, n’a jamais eu pour ambition ni désir de diriger le club violet. En un seul septennat (1985-1992), le natif de Lavernose aura profondément marqué l’histoire du club de la Ville rose. Sept ans de passion, de performances sportives, et d’esprit de famille !

Prisonnier de guerre en 1940 à Dunkerque, et évadé en 1942, Marcel Delsol a dirigé de nombreux établissements de montagne, avant d'être notamment à l'origine, quelques années plus tard (1950), du retour en grâce de la station de ski de Super-Chamonix. Avant d'en devenir son président, Marcel Delsol, ancien joueur de football amateur et champion académique de vélo (1936), a d’abord intégré le club toulousain pour s'occuper du logement des joueurs (1978), puis enfilé le costume de vice-président du TFC, dans l’ombre de son prédécesseur Daniel Visentin.

Un statut à l’image de l’homme que les projecteurs n’attirent pas, mais sachant toujours rester disponible pour les siens. Rien de surprenant alors de le retrouver, lui le préposé aux déplacements, sur les photos de joie du côté de Saint-Dié, le 8 mai 1982, au soir de la victoire décisive des hommes de Pierre Cahuzac. Un succès synonyme de retour dans l’élite, alors que la cité des Violettes attendait depuis plus de quinze ans de nouvelles confrontations face aux grands de France. 

"Pour le dernier match de la saison, à Saint-Dié, je menais l’équipe. Daniel Visentin ne faisait que très rarement les déplacements, et c’était souvent moi qui le remplaçais, en tant que vice-président. Je me souviens que nous avons réussi à affréter un train spécial, avec exactement 520 supporters qui sont partis dans les Vosges à l’Aube." [Marcel Delsol, citation à retrouver dans le livre des 80 ans du TFC]

Remontée et rêves européens ! 

De retour au sein de l’élite, le club se structure rapidement, et ne tarde pas à rêver d’un destin plus prestigieux. Désormais, il veut conquérir l’Europe. Pour parvenir à se faire une place dans les sommets du championnat de France, les recrues stars se succèdent. L’équipe haut-garonnaise devient alors un savoureux mélange de prometteurs éléments tricolores (Domergue, Stopyra), de joueurs du cru adoubés par le public (Despeyroux, Durand), ainsi que de références étrangères. Parmi elles, un duo d’argentins, un champion du Monde et un meneur en devenir. Deux Alberto, Tarantini & Marcico rapidement surnommés Beto, et accueillis puis intégrés l'un après l'autre par Marcel Delsol, lui-même.

« J’étais en fin de contrat en Argentine. J'avais la possibilité de rejoindre Séville ou le Torino. J'ai choisi Toulouse. A l'école, je suivais des cours de français, et j'avais vraiment envie d'apprendre la langue. Le président Marcel Delsol était quelqu'un d'important pour moi. Il m'a beaucoup aidé avec ma famille pour qu'on soit bien intégré ici. J'avais un enfant d'un an, et il était toujours prêt à me trouver une solution en cas de problème. Il s'occupait de tout. » [Beto Marcico]

L’alchimie prend, Toulouse va alors pouvoir retrouver l’Europe, vingt ans après sa dernière participation. À la fin de saison 1985-1986, pour sa première saison dans l’Hexagone, Beto Marcico et les siens terminent au pied du podium. Signe du destin, c’est au cours de cette même saison que Marcel Delsol devient officiellement président du club, à l’issue d’une assemblée générale convoquée à la fin de l’année 1985, l'inquiétant état des finances du club ayant fait perdre son crédit à Daniel Visentin. Les Violets voulaient rêver ? Mission réussie. L’adversaire en 32ème de finale de la Coupe d’Europe se nomme Napoli. Marcico et Tarantini reçoivent Maradona sur l’île du Ramier, rien que ça.

 

Le chef de la bande de copains 

Persuadés de l’emporter dans les grandes largeurs, les Napolitains sont refroidis au pied du Vesuve, ne parvenant à l’emporter que d’un petit but. Le retour est mythique, avec notamment le penalty arrêté par Philippe Bergeroo devant Maradona. Loin de la ferveur du Stadium, Marcel Delsol, lui, se voit confier une autre mission : consoler les petites amies des Napolitains. Le parcours européen verra les protégés du "Papy" se déplacer à Moscou, où, malgré un avantage de trois buts (le fameux triplé de Gerald Passi), le Spartak les sortira. Un coup sur la tête, alors que cette aventure "de copains" avait marqué la France entière.

"C'était la période la plus belle en tant que footballeur et post-adolescent. C'était l'insouciance. Je me souviens de l'accueil, humain voire familial, que m'avait réservé Marcel Delsol, le président du TFC de l'époque. Et puis c'était le début de ma carrière internationale. Les joueurs avaient de véritables liens entre eux. On avait tous le même âge, on a vécu une histoire commune. J'ai gardé des liens forts avec Despeyroux, Delpech, Oliver, Espanol, Huc, Durand… Parfois, on était capable de sortir du terrain pour faire jouer un copain ; aujourd'hui, ce serait inconcevable." [Gérald Passi]

Novembre 1986, le Président Delsol, entouré de Messieurs Nespoulous, Favre, Madaul, Couffinhal et Marty, dirigeants du TFC, pose sur la place rouge de Moscou avant le match de Coupe d'Europe face au Spartak Moscou.

Lassé des finances toujours aussi précaires du club, malgré ses nets efforts tout au long des sept ans, le privant notamment d'un recrutement nécessaire, les dernières saisons de Marcel Delsol à la tête du TFC ne verront pas d’autres parcours continentaux. Pourtant bien placés jusque dans la fin des années 1990, les Violets ne performent plus, mais peuvent se targuer d'avoir vu s'émanciper sur leur pelouse une jeunesse dorée, encadrée par le fidèle Beto Marcico : Pavon, Delpech, Candela, Barthez et bien d'autres seront donc passés sous la tunique violette de Marcel Delsol. Une période faste, au cours de laquelle le club violet fut l'une des références de notre championnat.

Finalement, le 4 mai 1992, après un peu moins de sept ans de présidence, et quinze ans de présence au club, Marcel Delsol quitte l'île du Ramier, le travail accompli. Le TFC aura donc disputé, sans discontinuer, douze saisons en première division. L'un des records de longévité du club dans l'élite !

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